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2016-2017
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Finales de Coupe de Somme 2017

Finales de Coupe de Somme 2017

il y a 6 mois

groupesToute l'association

Le samedi 17 juin, de 10h à 22h, et le dimanche 18 juin, de 9h30 à 16h30. Au complexe sportif Pierre Normand, à Ailly sur Noye.


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Protégeons le Jeune Joueur !!!!

Comment protéger le Jeune Joueur ?????

Par Christophe GUEGAN
Médecin Fédéral de la Ligue de Bretagne de Handball
Membre de la Commission Médicale Nationale FFHB
Centre de médecine du sport de Brest

Et Fabienne AUTENZIO
Coordinatrice Médico-Sportive
Centre de médecine du sport de Brest

Le handball est trop souvent source de blessures chez les joueurs. Ces

blessures ont un coût important ;

individuel (souffrance, interruption de l’activité sportive, interruption scolaire chez le jeune)

et collectif (pourl’équipe, la société…).

Nous pouvons distinguer :
- Les macrotraumatismes, entraînant souvent une impotence fonctionnelle immédiate et une interruption plus ou moins longue de la pratique sportive : entorses de chevilles,
entorses de genoux, fractures de poignets, accidents musculaires…
- Les microtraumatismes, souvent négligés, d’apparition progressive et devenant parfois chroniques.

Ils correspondent à une pathologie de sur l’utilisation ou à la répétition d’un « mauvais geste » :

tendinites, périostites, fractures de fatigue, …

La survenue d’un traumatisme est d’origine multifactorielle, citons les risques de blessures :
- liés au joueur lui-même : défauts « architecturaux », hyperlaxité ou raideur articulaire, vigilance, fatigue, habiletés motrices mal maitrisées, déficit de force musculaire (…),
- liés à l’environnement : matériel (chaussures, sols, plots, outils d’apprentissage, …), adversaires, facteurs d’ambiance (température, humidité, éclairage, …).
L’appareil locomoteur de l’enfant et de l’adolescent est très vulnérable.

L’enfant est exposé à des lésions macrotraumatiques essentiellement (fractures des zones de croissance des os…) alors que l’adolescent sera, entre autre, exposé à des problèmes rachidiens. Entre ces deux âges pourront survenir, en dehors du contexte sportif, les « maladies de croissance » (apophysites) véritables atteintes des zones de croissance du squelette. Ainsi, la croissance du joueur est une période à risque que l’entraîneur doit savoir gérer. Contrairement à l’adulte, les tendons et les ligaments des jeunes joueurs sont plus solides que les cartilages de croissance.

Une atteinte négligée de ces zones peut entraîner à long terme des conséquences : arthrose, inégalité de longueur et déformation des membres…

Par ailleurs, chez l’enfant et l’adolescent, il existe une
différence de maturation des filières énergétiques.

Si celle-ci n’est pas prise en compte, l’entraînement proposé peut engendrer des blessures chez le jeune joueur.

Dans cet article nous rappellerons les aptitudes physiologiques pour les différentes tranches d’âge, ainsi que les principales blessures rencontrées.

Des contenus de prévention des principaux risques rencontrés (entorses graves du genou et de la cheville, traumatismes d’épaule) seront proposés.

LES PETITS : - de 9 ans

APTITUDES PHYSIOLOGIQUES :
- Transformations morphologiques :
augmentation régulière de la taille, augmentation moindre du poids, laxité articulaire importante, tonus musculaire peu développé, peu de différence garçons / filles.
- Sensibilité supérieure à la déshydratation (puissance sudorale
plus faible).
- Immaturité du métabolisme anaérobie lactique (efforts intenses ou maximaux de courte durée).

La souplesse :
Elle correspond à la capacité de mobilité d’une articulation, c'est-à-dire à son aptitude à effectuer des gestes avec la plus grande amplitude possible.
Elle est limitée par la capsule articulaire, les muscles et les tendons. Un muscle peut être étiré passivement jusqu’à 150% de sa valeur de repos, les tendons sont quant à eux très peu extensibles. La souplesse est maximale vers 10 ans et diminue par la suite. L’entrainement peut l’améliorer après 10 ans,
mais un développement excessif de cette souplesse risque d’entrainer une hyperlaxité articulaire source d’entorses fréquentes.(1)

(1) « Médecine du sport de l’enfant et de l’adolescent » Jean Marc DUPUID, Gilles DAUDET, Ellipses 2001

Mettre en place :
⇒ des temps d’hydratation à intervalles réguliers lors des Séances
⇒ l’utilisation d’un matériel adapté à l’âge et aux facteurs d’ambiances (ballon, vêtements, chaussures …)
(photo 1)
⇒ des exercices variés et ludiques maintenant un bon niveau de vigilance

Être attentif à :
⇒ proscrire tout effort intense prolongé car l’enfant ne sait pas
limiter son effort, proscrire tout exercice de force (musculation ou équivalent)
⇒ proscrire les étirements

    Les lésions musculaires (« claquages ») et les tendinites sontexceptionnelles ! Les entorses sont rares.

Devant une plainte « articulaire » l’entraîneur devra penser à une atteinte macrotraumatique du cartilage de croissance de l’os, équivalent de fracture et prévenir les parents.

 

LES 9-12 ANS

APTITUDES PHYSIOLOGIQUES :
- Morphologie : optimisation des proportions (membres / tronc),
augmentation de la taille, augmentation de la force, tonus
d’attitude encore peu développé, poids réduit.
- Fragilité particulière des cartilages de croissance du squelette.
- Maturation de la discrimination perceptive.
- Modification de la coordination motrice.
- Immaturité du métabolisme anaérobie.
- Il existe de grandes variations morphologiques et de maturation physiologique et sexuelle d’un individu à l’autre.

PROTECTION DU JOUEUR :
Mettre en place :
⇒ L’apprentissage des techniques de réception après tir en suspension (« amortissement » du pied, réception sur avant-pied, genou fléchi en respectant au mieux l’axe
hanche/genou/pied de face et enchaînement immédiat sur
deuxième appui.) schéma 1

    Les tendinites sont exceptionnelles !

Les lésions musculaires (claquages) sont rares et on ne rencontre que des contusions par choc directs.

⇒ Le travail de « gainage dynamique »: changements de direction dynamiques avec appuis  extérieurs » stabilisés    (photo 2 et 3) ou gainage debout (photo 12) 

⇒L’éducation des règles d’hygiène de vie :

hydratation, douche, vêtements… 

Développer :
⇒ Les facultés perceptives : prises d’informations visuelles
périphériques (déplacement des partenaires et adversaires) et
centration sur le ballon.

⇒ Les exercices de type « proprioceptif » (contrôle de
l’équilibre dynamique ou statique sur une jambe, genou fléchi, yeux ouverts puis fermés, « parcours proprioceptifs »)         (photo 4 et 5)

⇒ Le travail « de pied », l’apprentissage des techniques de
course (amorti, attaque, déroulé, propulsion, foulées) par des
parcours avec lattes, plots …
Photo 4 : proprioception genou

Être attentif à :

⇒ Utiliser un matériel adapté à l’âge (ballon de taille permettant une préhension correcte), de qualité correcte (chaussage) et des vêtements en rapport avec les conditions de pratique
(chaud/froid).
⇒ Ne pas proposer des efforts prolongés et/ou intenses, des
exercices de vitesse sont possibles mais de courte durée (sous forme de jeux et relais).
⇒ Ne pas effectuer des étirements prolongés en commençant toutefois à développer la souplesse dans le cadre de jeux.
⇒ Proscrire tout exercice de musculation ou équivalent :
répétitions exagérées de sauts, séries de tirs excessives, sauts en contre-haut entraînant une accentuation des tractions
tendineuse sur un squelette fragilisé au niveau des zones de
croissance.

      Devant une plainte du joueur !!!

 (genou, cheville, mais aussi hanche, bassin) l’entraîneur devra penser à une lésion des zones de croissance du squelette. De même devant des douleurs de la colonne vertébrale (lombaire), il faudra penser à une fracture de fatigue (spondilolyse).
Dans tous ces cas, il devra en avertir les parents pour que l’enfant consulte un médecin.

LA PUBERTE

C’est une période s’étalant de 12 à 19-20 ans, variable d’un individu à l’autre et d’un sexe à l’autre.
Elle est caractérisée, sur le plan physique par la maturation définitive de l’appareil locomoteur.
Le pic de croissance constitue une période à haut risque due à la fragilité des cartilages de croissance.

Une négligence pourrait avoir à long terme des conséquences fâcheuses (défaut d’axes des membres, arthrose …).

De plus aux risques classiques de blessure, s’ajoutent de
nouveau des modifications du schéma corporel.

Rappelons l’existence d’écarts de maturation parfois jusqu’à 5 ans entre les joueurs d’une même catégorie !

PREMIERE PHASE PUBERTAIRE

(filles : 11-12 ansgarçons : 13-14 ans)

APTITUDES PHYSIOLOGIQUES :
- augmentation de la taille plus rapide que celle du poids
- problème de rapport poids / force
- développement pondéral important en fin de phase
- apparition des caractères sexuels secondaires
- fragilité des zones de croissance du squelette
- développement des capacités aérobies (endurance)

    Les entorses sont rares ! Les tendinites sont rares !

Les accidents musculaires (claquages.) sont peu fréquents

Devant une plainte chronique articulaire, penser à une lésion des zones de croissance du squelette :             genou, hanche,colonne vertébrale, bassin,                         qui peut être liée à la pratique sportive ou constituer       une réelle « maladie de croissance »

PROTECTION DU JOUEUR :

Mettre en place :
⇒ Un échauffement adapté progressif, général et spécifique.
⇒ Les exercices d’endurance (développement aérobie)
⇒ Le travail de la vitesse
⇒ L’utilisation d’un matériel adapté et en bon état.
⇒ Une adaptation des charges de travail en fonction du développement physique du joueur, notamment, diminuer ces charges de travail lors du pic de croissance

(période transitoire de maladresse et à risque).

Proposer:

⇒ Des exercices de type proprioceptif du train inférieur qui doivent être intégrés :

- À la fin de l’échauffement généralisé (à 2, en équilibre, sur 1
jambe, yeux fermés, déstabilisations par le partenaire.)
- Après des situations plus intenses (jeu sur grand espace) sous forme de récupération active. (Photo 6)

⇒ Un travail de « renforcement » des

épaules avec proprioception,
déstabilisations de l’épaule par un
partenaire, renforcement des
rotateurs externes en excentrique
(photos 7a, 7b, 8a, 8b). Ce travail
doit se faire sur les deux épaules.

⇒ Un travail de gainage sur 3 axes :
gainage face au sol sur 4 appuis puis
3 appuis ; bassin « placé », gainage
« assis » ; gainage latéral statique
(Rappelons l’intérêt de ce gainage
dans la prévention des blessures
survenant lors des changements de
direction). Ces exercices peuvent
durer 3 à 5 minutes sur chaque
entrainement (photos 9, 10a, 10b).

⇒ Une sollicitation musculaire
excentrique des ischio-jambiers,
débutée sans charge additionnelle,
par un travail à plat ventre, genoux
fléchis, une jambe pousse l’autre qui
résiste, 10 répétitions pour chaque
jambe (photos 11, 11a, 11b). Ce
travail doit améliorer les capacités
de protection lors des mécanismes
d’entorse du genou.

⇒ Des exercices de gainage
« dynamique debout » (photo 12a et 12b) devant permettre de développer des qualités d’explosivité sur les changements de direction (entre deux plots et enchainement par un tir par exemple).

⇒ Un apprentissage technique « préventif » : apprentissage des réceptions après tir en suspension,
des techniques de débordement, genou « dans l’axe », un peu fléchi (schéma 2), placement du bassin, placement du bras tireur (armé), attitude, position et placement du
défenseur dans les duels (schéma 3)

⇒ Une optimisation des facultés perceptives avec stimulations visuelles périphériques et travail de vitesse de réaction
⇒ L’explication des règles d’hygiène de vie :
- Hydratation : 1 heure avant, pendant et après le match ou
l’entraînement par petites quantités répétées toutes les 15
minutes                                                                                        
- Nourriture : repas adapté terminé 3 heures avant le match                                                                                           - Cigarettes, hygiène corporelle, sorties …

⇒ La mise en place des étirements post-activités.

Être attentif à :

⇒ Ne pas proposer d’exercices de musculation avec charges
⇒ Détecter les troubles architecturaux qui accentuent les
contraintes sur l’appareil locomoteur (déformation des pieds : pieds plats ou creux, des genoux : génu varum /valgum / recurvatum, de la colonne vertébrale …) et en informer les
parents notamment quand ils sont associés à des plaintes.
⇒ Expliquer l’intérêt des étirements doux (ne pas confondre « souplesse » et recherche d’amplitude articulaire !)
⇒ La limitation des exercices intenses et prolongés

 

DEUXIEME PHASE PUBERTAIRE

Filles : de 13-14 ans à 17-18 ans

Garçons : de 14-15 ans à 19 ans environ

 

APTITUDES PHYSIOLOGIQUES :

- Harmonisation des proportions
- Augmentation de la force et de la masse musculaire
- Poursuite du développement sexuel
- Augmentation du tissu adipeux chez les filles
- amélioration des capacités de coordination motrice

- Maturation des filières anaérobie lactiques (exercices intenses inférieurs à 1’30 s)

- Apparitions de réelles pathologies  ligamentaires : entorses (chevilles, genoux). Leur grande fréquence est
souvent associée à un défaut de prise en charge et d’une reprise trop rapide de l’activité ce qui augmente
le risque de récidives et/ou de séquelles (douleur, laxité), à noter l’incidence des entorses graves du genou (ligament croisé antérieur) quatre fois plus important chez les
filles de cet âge

- Apparition de lésions tendineuses« vraies »

(« tendinites ») souvent liées à une surcharge musculotendineuse ou à l’utilisation répétée
d’un mauvais geste, citons par exemple des tendinites de l’épaule de tir pouvant évoluer de manière chronique quand elles ne sont pas traitées, ou les tendinites
rotuliennes lors d’un travail intensif en impulsion/réception
- Apparition de fractures de fatigue :
tibia, métatarse, colonne vertébrale (spondilolyse …) notamment lors d’une pratique journalière
nécessitant une interruption prolongée de l’activité.
- Apparition des lésions musculaires
(élongations, claquages, déchirures). Elles surviennent le plus souvent sur un muscle mal préparé

(échauffement, étirement, hydratation).
 

PROTECTION DU JOUEUR :

Mettre en place :

⇒ Un échauffement général et spécifique adapté à l’activité, avant les matchs et les entraînements.
Notamment, effectuer un échauffement « péri-articulaire »
spécifique des chevilles, des genoux (avec contraintes en torsion), de l’épaule de tir, du rachis.
⇒ Le développement de la filière lactique                                    (force, vitesse, exercices intenses et prolongés).
⇒ Des étirements spécifiques des muscles péri-articulaires des chevilles, genoux, épaules, rachis (étirements post activité).
⇒ Des exercices de renforcement musculaire avec charges
progressives peuvent être débutés en fonction des compétences de l’entraîneur.

Poursuivre :


⇒ Le développement des capacités aérobies.
⇒ Le travail préventif de protection articulaire des chevilles et des genoux.

⇒ Le travail de « gainage » (5 minutes par séances) sur les trois axes précités :

face au sol pour arriver à un gainage sur 2 appuis (main/pied opposés) (photos 10a 10b), « assis »

avec contrainte sur le haut du corps et alternance des régimes de contraction (photo 9), latéral (photo 13) avec charges additionnelles (pieds surélevés, médecines ball, poids, …)
⇒ Les exercices de renforcement musculaire des ischio-jambiers et des quadriceps en excentrique
(Photos 14a 14b, 15a 15b) et les exercices pliométriques (rôle protecteur lors des entorses graves du genou)     (photo 16) avec bancs et saut en contre-haut.

⇒ Les exercices de « renforcement » des deux épaules : proprioception (photo 17), gainage, renforcement
excentrique des rotateurs externes (photos 7, 8, 18 19).

⇒ L’éducation aux règles d’hygiène de vie
- sportives : hydratation (commencer à s’hydrater 1 heure
avant : petites quantités répétées, pendant et après),
repas (repas terminé 3 heures avant début du match),
récupération, équipement

Être attentif à :


⇒ Corriger les gestes techniques « à risque » : manoeuvres de débordement (schéma 1 et 2),
placement du bras dans des duels défensifs et en armé. (schéma 3).


⇒ Dépister des « défauts architecturaux », constituant des facteurs de risques intrinsèques de blessure, et les corréler avec les plaintes éventuelles.

⇒ Ne pas varier brutalement les charges de travail et notamment les adapter en fonction des évènements sportifs (compétitions, trêves) et extrasportifs
(examens, voyages…)
⇒ Insister sur la responsabilisation du joueur quant à la prévention du risque de blessure pour l’amener à une
autonomie optimale dans sa préparation

 

CONCLUSION

Les accidents lors la pratique du Handball entravent trop souvent la vie sportive et
extra-sportive des jeunes joueurs. Ces accidents ont des conséquences parfois graves sur le devenir de l’individu. Une action préventive est nécessaire et passe par la formation des cadres techniques.
Nous devons, entraîneurs et médecins responsables du suivi des handballeurs, prendre en
compte leurs aptitudes physiques et physiologiques et connaître les pathologies les plus rencontrées dans les différentes catégories.
Pour une protection efficace du joueur, l’entraîneur occupe une place essentielle par la gestion des charges de travail proposées (différenciation), par la mise en oeuvre d’une
observation et d’une écoute individuelle de ses joueurs.

De plus la mise en place de situations à visé préventive est indispensable à ce processus de préservation de la santé.